Dérivations

Pour le débat urbain

On y danse !

Le 1er août 2015, toute la ville de Liège est sur le pont ou plutôt sur les ponts et sur les quais pour assister à son arrivée et à son installation. La nouvelle passerelle cyclo-pédestre de Liège est enfin là ! Assemblée à Herstal, transportée par barges en six tronçons, son installation spectaculaire a enthousiasmé les Liégeois. Quelques ajustements techniques ont causé un certain émoi mais finalement, la voilà bien arrimée aux deux rives de la Meuse.

Depuis toujours et partout, la création d’un nouveau pont est un événement, souvent une fête tant est forte la charge symbolique de ces ouvrages créateurs de lien et de passage vers d’autres rives. Et cette passerelle en voie de parachèvement a déjà belle allure, elle s’élance blanche, audacieuse au-dessus des eaux de la Meuse puis se pose avec légèreté dans le parc de la Boverie. Elle y atterrit en deux endroits, l’un au niveau du bâtiment de l’union nautique et l’autre à proximité du pont des Vennes.

En plus, en réponse aux défis de son époque et aux aspirations des Liégeois, ce nouveau pont sera réservé aux piétons et aux cyclistes, il facilitera leurs déplacements vers la gare des Guillemins et les rendra plus agréables. Depuis le quartier du Longdoz et des Vennes, cette alternative épargne aux usagers doux les encombrements inextricables et les gaz d’échappement du pont de Fragnée ou du Pont Albert, leur offrant une promenade aérienne depuis la canopée du parc.

Néanmoins, une inquiétude subsiste. Quel sera l’impact concret de l’infrastructure de la passerelle sur le parc lui-même ? Quelle dégradation du lieu produiront l’aménagement des deux points d’arrivée ainsi que les parcours quotidiens des futurs et nombreux usagers. En effet, le parc de la Boverie est surinvesti de bâtiments et déjà traversé par de nombreux chemins et ponts. La pression d’une fréquentation supplémentaire pourrait fragiliser le caractère verdoyant du lieu, tant nécessaire pour apaiser le cœur de la ville et celui de ses habitants.

Enfin, une dernière question, l’arrivée de cette nouvelle passerelle nous rappelle les inquiétudes des Liégeois pour l’avenir de l’ancienne, la passerelle de la Régence. Sa rampe d’accès sur la rive gauche est en effet, mise en péril par le projet de « dés-aménagement » de la place Cockerill. Mais, avant tout, réjouissons-nous de l’arrivée de cette petite dernière parmi les ponts de Liège ! Emparons-nous de ce nouveau territoire et dansons-y !

D’une longueur totale de 294 mètres, d’une portée de 163 mètres, large de sept mètres et d’une hauteur maximale de huit mètres, la passerelle d’acier et platinage de bois est le résultat du travail de l’association momentanée du bureau Greisch et de l’atelier Corajoud (paysage). La construction de la structure de 900 tonnes d’acier a été confiée aux ateliers Poncin d’Ocquier (Clavier). Le coût de cette réalisation se monte à 6 688 837 euros (subsidiée à 60% par la Région wallonne et 40% par les fonds FEDER).

Pour citer cet article

Schippers M., « On y danse ! », in Dérivations, numéro 1, septembre 2015, pp. 6-7. ISSN : 2466-5983.
URL : http://derivations.be/archives/numero-1/on_y_danse.html

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