Dérivations

Pour le débat urbain

21 juin 2017 -

Propriétaire de terrains aux abords de la gare de Gand-Saint-Pierre, la SNCB a confié fin 2012 à Optima Global Estate, branche immobilière de la banque Optima, la construction de quelque 27.000 m² de logements dans deux futures tours de 90 et 68 mètres de haut : les Queen Towers. L’accord conclu entre la SNCB et Optima concerne 197 logements dans les tours, et un immeuble de bureaux. Un marché estimé à 20 millions d’euros pour lequel Luc Joris, un administrateur de la SNCB proche d’Elio Di Rupo, a appuyé le candidat Optima de manière surprenante, comme l’a raconté Médor |1|. En juillet 2016, après que la banque Optima a fait faillite, Land Invest Group (LIG) a racheté le projet immobilier. Selon Marc Schaling, CEO de LIG, un accord avait été conclu en août 2015, bien avant les ennuis d’Optima. Cela reste un étrange investissement quand on sait que le permis de construire pour les deux tours a été définitivement annulé en mars 2016 par le Conseil des litiges en matière de permis (RVVB) |2|. Permis qui avait déjà été suspendu en avril 2014 suite à un recours des riverains. Ce second flop d’Ogeo serait-il lui aussi lié à une erreur d’appréciation de PricewaterhouseCoopers, le cabinet payé par le fonds pour auditer préalablement tous ses investissements immobiliers de « type 2 » ? Quoiqu’il en soit, depuis février 2017, l’architecte Valérie Dardenne représente Ogeo Fund au CA de Queen Towers SA, la filiale de LIG qui porte le projet. Un projet qui, sans grande surprise, n’apparaît nulle part sur le site internet de la filiale anverso-liégeoise d’Ogeo Fund…

|2| « Bouwvergunning Queen Towers in Gent vernietigd », Belga, 13 mars 2016.