Dérivations

Pour le débat urbain

La faculté de droit de l’ULg à l’abbaye de Saint-Laurent ?

L’idée était défendue dans le dossier sur les relations entre l’Université de Liège et sa ville, publié dans le numéro 2 de Dérivations. Elle a à présent trouvé un supporter de premier plan en la personne du recteur Albert Corhay, qui dit vouloir « Ramener la faculté de Droit en ville. Et pourquoi pas à l’ancien hôpital militaire Saint-Laurent ? Il va bientôt être libre, il est vaste et en bon état. Et il est situé pas loin du Palais de Justice. » (La Meuse du 18 mai 2016).

Aux infinies temporisations de la politique liégeoise, aux salamalecs hermétiques qui précèdent ordinairement à de faibles consensus, Albert Corhay préfère de toute évidence proposer une vision ; au risque d’échouer (provisoirement ?) comme dans le dossier de la Grand’Poste ; au risque de déplaire — il nous revient que le quarteron de militaires qui occupent encore l’abbaye seraient prêts à soutenir un siège. Mais en donnant de vraies perspectives. Et cela fait un bien fou. Liège a assez tergiversé, Liège a assez perdu de temps.

Tout plaide pour le retour en ville des facultés de sciences humaines. Et le site de Saint-Laurent est l’un des mieux adaptés pour ce faire. Jugez plutôt.

Au plan de la mobilité, l’abbaye surplombe de quelques dizaines de mètres la gare de Jonfosse — qui pourrait être reliée directement au Sart Tilman. La construction d’un ascenseur sur le modèle de celui des Marolles offrirait quasiment une gare interne à cette faculté de Droit déménagée, en plus de créer une liaison cyclo-pédestre nouvelle entre le cœur de la ville et les quartiers de Saint-Laurent, Saint-Gilles et Sainte-Marguerite. Le site est également desservi par quatre lignes de bus. Il est voisin d’une sortie d’autoroute et se trouve à une dizaine de minutes à pied du site du XX Août ou des nouveaux amphithéâtres de l’Opéra.

Poursuivons : le bâtiment, qui est propriété publique, a été restauré dans les années ’90. Il appartient à l’Etat fédéral (via sa Régie des bâtiments) dont on sait qu’il cherche à se défaire d’une partie de son patrimoine immobilier. Etant désormais en bonne partie vide, depuis la fermeture de l’hôpital militaire il y a plus de vingt ans, il semble de bonne politique de lui donner une nouvelle affectation.

Le choix de cette localisation serait aussi un choix urbain fort : rendre l’université plus accessible, symboliquement et physiquement, permettre aux quartiers alentours de bénéficier du dynamisme qu’y apporterait la vie étudiante. Les jardins qui occupent les deux grandes cours pourraient devenir des espaces semi-publics, accessibles aux habitants des quartiers alentours.

Au-delà de ces arguments pratiques, il faut aussi rappeler que ces murs vénérables ont abrité un centre intellectuel important pendant plusieurs siècles, jusqu’à la fermeture de l’abbaye en 1794. Il y aurait une continuité évidente à y implanter une faculté.

L’année 2026 sera celle du millénaire de l’implantation du monastère sur le Publémont. C’est une belle échéance pour concrétiser le « rêve » d’Albert Corhay.

Pour citer cet article

Basmadjian M., « La faculté de droit de l’ULg à l’abbaye de Saint-Laurent ? », in Dérivations, numéro 3, septembre 2016, pp. 9-10. ISSN : 2466-5983.
URL : http://derivations.be/archives/numero-3/la-faculte-de-droit-de-l-ulg-a-l-abbaye-de-saint-laurent.html

Vous pouvez acheter ce numéro en ligne ou en librairie.

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