Dérivations

Pour le débat urbain

Tornade verte

Une végétation plus abondante et plus diversifiée est nécessaire dans les espaces publics de la ville. Cette présence du végétal rendrait la vie urbaine plus attrayante et pourrait limiter l’exode vers des zones péri-urbaines et rurales, dont on connaît les dommages pour les villes comme pour les campagnes.

Les végétaux contribuent efficacement à une dépollution de l’air, de l’eau et des sols. Cette précieuse fonction ne peut être que bénéfique à la santé des citadins. Leur présence visuelle est, comme le montrent de nombreuses études, favorable à l’équilibre psychique et au sentiment de bien-être. Les végétaux permettent également de tempérer les conditions climatiques extrêmes (chaleur, vents), conséquences de la minéralisation de la ville. De plus, des espaces publics plus végétalisés suscitent l’envie d’une pause bienfaisante ou encore la pratique d’activités diverses (jeu, pique-nique, discussion, lecture, ...), ce qui renforce la convivialité et favorise la rencontre de milieux sociaux différents.

Le caractère néfaste et instable des filières de l’industrie agro-alimentaire, telles qu’elles fonctionnent aujourd’hui, n’est plus à prouver. Il est nécessaire de rétablir une production à plus petite échelle et des circuits d’approvisionnement locaux. L’agriculture urbaine ne serait pas actuellement en mesure de répondre à l’ensemble des besoins, mais elle peut apporter sa contribution et sensibiliser la population à une réappropriation collective des moyens de production et de transformation des denrées alimentaires. En outre, elle participe à l’augmentation de la masse végétale en ville et offre ainsi les avantages cités précédemment.

La ville de Liège a la chance de conserver d’importantes surfaces végétalisées à proximité, mais les quartiers du centre-ville, d’Outremeuse, de Saint-Léonard, d’Amercœur et du Longdoz (pour ne citer que ceux-là) offrent une image grise et peu avenante. Il convient d’y remédier.

Les politiques publiques n’étant pas en mesure ou n’ayant pas la volonté d’amorcer la nécessaire transformation de la ville vers plus de bien-être, de convivialité et de résilience, de nombreux collectifs, associations et personnes de par le monde explorent, depuis les années ’70 au moins, des méthodes d’action pour rendre la ville verdoyante. Ce mouvement prend une ampleur inédite ces dernières années, et Liège lui emboîte le pas. Cette année 2016 verra fleurir plusieurs initiatives invitant les habitants de Liège à participer à divers processus pour amener le végétal au cœur de leur ville. Autant d’invitations à prendre très pacifiquement possession de l’espace public pour le rendre accueillant à la diversité biologique et culturelle.

Retrouver le plaisir de mettre ses mains dans la terre, faire advenir l’inattendu qui attire l’œil et suscite la conversation, replacer au cœur du débat notre rapport à la nature et à la production alimentaire, redonner à la ville la végétation indispensable à notre bien-être et à notre santé, se sentir utile à la collectivité, sont quelques-unes des raisons qui motivent un nombre croissant de personnes à s’impliquer dans ces mouvements. Il y en a pour tous les goûts, qu’on soit novice ou que l’on ait une longue habitude du jardinage, qu’on préfère penser, écrire et communiquer, qu’on soit bricoleur ou qu’on ait envie d’exercer sa créativité, qu’on préfère rester discret ou qu’on souhaite mener des actions spectaculaires.

Pour découvrir et participer aux divers projets qui favorisent cette dynamique et dont certains vont éclore plus visiblement dans les prochains mois, soyez attentifs aux actions menées par le Centre Liégeois du Beau-Mur et les « Incroyables comestibles » (beaumur.org), l’asbl Songes et son projet « Liège souffle vert » (songes.be), le Point Culture et sa thématique « Nature-Culture » (pointculture.be), la Ceinture Aliment-Terre Liégeoise (catl.be), les Compagnons de la Terre (cdlt.be), Écotopia (ecotopiatilff.be), et bien d’autres dont urbAgora et son travail sur le maillage vert ou une myriade de potagers urbains collectifs. Bien entendu, ces initiatives interagissent et se nourrissent mutuellement. À chacun de trouver celle qui l’inspire...

Pour citer cet article

Lenders G., « Tornade verte », in Dérivations, numéro 2, mars 2016, p. 8. ISSN : 2466-5983.
URL : http://derivations.be/archives/n02/tornade_verte.html

Vous pouvez acheter ce numéro en ligne ou en librairie.

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