Dérivations

Pour le débat urbain

Archives#2, mars 2016 › Edito

Edito

Avec le chiffre deux, on compte jusqu’à deux, on fait le signe « V », on mène une vie commune, et sans doute beaucoup d’autres choses encore. Ce DÉRIVATIONS #2 souffrirait-t-il du syndrome du second album, celui qui pique du nez, ou poursuivrait-il sa vocation de machine à penser en confirmant son envol (en Tupolev surchargé, certes, mais envol tout de même) ? Aujourd’hui, forts de la générosité de nos contributeurs, nous optons quant à nous pour le signe « V », tendance oreilles de lapin, n’ignorant pas que nous prolongeons par là, avec espoir et détermination, notre vie commune avec vous, cher lectorat curieux et supposément fidèle.

Mais le 2 dit aussi l’intention qui nous anime : relier des pôles en apparence opposés, parfois étrangers les uns aux autres, mais en étroite interaction dans un monde de plus en plus connecté. La Ville et sa périphérie sont en effet inséparables, comme notre ville et d’autres villes dont l’exemple peut élargir le débat, ou notre pays et le monde. S’interroger sur la place de l’Université, de son campus décentré, des espaces verts alentour, mais aussi aller chercher à Anvers, par exemple, des exemples de lutte citoyenne dans des débats comparables aux nôtres. Opposer à l’immobilisme en matière d’urbanisme la vision d’un architecte rebelle surgi d’une Espagne plus mal en point que nous. Exhumer, face à un credo politique datant du tout-à-la-route, des études qui ouvrent d’autres pistes de mobilité. Relier le passé et le présent pour penser l’avenir, dont l’urgence ne peut souffrir d’aucun enlisement supplémentaire. Faire se croiser, autrement dit, la mémoire et l’espoir. Mobiliser les différentes générations, celle qui a connu les Trente glorieuses et celle dont l’espoir et l’engagement présents constituent la seule « gloire ».

On l’aura compris : si nous annoncions dans le premier éditorial une « charge de hussard (...) fouetté par l’enthousiasme et la nécessité », ces 256 pages sont là pour clamer que ni l’enthousiasme ni la nécessité n’ont déserté la rédaction et que bien des nouvelles énergies l’ont rejointe. Face à cette émulation, le 2 dit aussi le nécessaire équilibre à conserver entre la liberté du débat et la solidité des sources. occasion ici de souligner la plasticité de nos contributeurs et leur humilité de bénévoles aguerris, soucieux d’aller au fond des choses tout en conservant une lisibilité au propos.

Dérivations continue par ailleurs à convoquer les regards photographiques sur la ville, par la commande — merci à Matthieu Litt et à Marino Carnevale pour leurs voyages au Sart Tilman — ou en revisitant les archives d’artistes. Cette politique d’image est appelée à se déployer, tant il nous paraît important d’offrir à la fois matière à contempler et matière à débattre |1|. Par extension il nous paru important de lancer une nouvelle rubrique portée à documenter des projets d’art public assumant un questionnement politique, loin du garnissage décoratif. Ou encore cette rubrique « histoire d’un lieu », dont l’objectif est de donner une profondeur de temps et de sens à ces lieux communs à tous.

Les petits ruisseaux font les grandes rivières. Merci donc à tous ceux qui ont fait dévier Dérivations de son cours naturel (avouons-le, de prime abord plutôt destiné à un public averti), et l’ont fait connaître auprès de lecteurs que notre fameux bizness-plan n’espérait pas. Il semble d’ores et déjà que le projet ici lancé rende les réseaux poreux et fasse ruisseler le débat. Ce moment printanier où les poissons remontent le courant vers leur lieu de frai, porte donc aussi notre espoir que Dérivations poursuivra son essaimage prolifique.

|1| À ce titre, nous pouvons annoncer que la revue proposera une exposition, en septembre, dans le cadre off de la biennale de photographie de Liège.

Pour citer cet article

« Edito », in Dérivations, numéro 2, mars 2016, pp. 1-2. ISSN : 2466-5983.
URL : http://derivations.be/archives/n02/edito_2.html

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